Migration, exil et traumatisme

Le rapport que l’être humain entretient avec son territoire, à l’échelle d’un pays, d’une ville, d’un quartier ou d’un lieu de vie, est chargé de mémoire, d’affects et de représentations. Habiter quelque part et pouvoir en faire son « chez soi » nous relie aux autres dans le présent mais nous inscrit aussi dans une histoire commune. L’épreuve du déracinement peut produire un déchirement qui oblige celui qui la traverse à reconsidérer les fondations de son identité.

Voyage, migration et exil : différentes formes de déplacement

Le voyage désigne couramment un déplacement volontaire, personnel ou professionnel, qui doit être suivi d’un retour. Certains peuvent avoir des conséquences psychiques inattendues : c’est le cas avec le syndrome du voyageur, au cours duquel la rencontre avec une autre culture et d’autres réalités produit un vacillement subjectif. La migration est quant à elle un déplacement personnel ou en groupe, volontaire ou contraint, d’une région ou d’un pays à un(e) autre. Ses motifs peuvent être économiques, politiques, culturels ou encore climatiques. L’histoire est chargée de vagues migratoires qui ont produit du métissage : nos origines sont plurielles et complexes. Chacun de nous vient d’un ailleurs et d’une histoire plus ou moins méconnus et parfois sources de questions. L’exil est une figure radicale du déracinement qui désigne un départ vécu sous la contrainte et dans la violence. Qu’il s’agisse d’une expulsion, d’une déportation, d’un exil politique ou climatique, c’est un traumatisme aux conséquences psychiques et sociales multiples.

Le traumatisme de l’exil

Le fait de quitter sa terre et son chez-soi contre sa volonté confronte l’exilé à une perte majeure qui va pouvoir entrainer un sentiment de nostalgie et parfois l’inscrire dans une dépression durable. La précipitation du départ, le fait d’avoir dû abandonner une partie des siens et de son histoire, couplés à la difficulté à s’installer dans un nouveau territoire, viennent complexifier le travail de deuil. Entre ici et là-bas, entre présent et passé, le désir et les projets de l’exilé semblent souvent s’être évanouis dans un entre-deux indicible. L’exil peut produire du débordement psychique, c’est-à-dire que celui qui en fait l’épreuve n’est plus en capacité de se représenter la violence de ce qu’il subit. Les symptômes du traumatisme de l’exil se caractérisent en général par l’installation d’un état dépressif (mélancolie) et parfois d’un état de stress post traumatique, notamment pour les personnes victimes de la persécution et de la torture, et toutes celles pour qui l’exil a entrainé une confrontation avec la mort. Le silence envahit alors l’espace de la relation à l’autre, parfois même au sein de la famille, et devient le symptôme d’un manque de mots pour dire la douleur, du fait d’être parti, mais aussi celle d’avoir à poursuivre sa vie ailleurs.

Que peut-on espérer de la psychothérapie ?

La psychothérapie transculturelle est une thérapie dont le cadre est pensé et adapté à la spécificité des souffrances que peuvent rencontrer les migrants, afin d’en faciliter l’expression. Le travail mené avec le psychothérapeute doit permettre de reconnaître et de nommer, dans une ou plusieurs langues, les objets, les êtres et les rêves qui ont été abandonnés, afin de mettre en mots la douleur qui en résulte. Les liens familiaux sont souvent à l’origine de la demande d’aide car ils sont directement impactés : il arrive que celui qui souffre ne soit pas celui qui a connu la migration ou l’exil, mais un enfant ou un adolescent dont le traumatisme d’un parent n’a pas été soigné. La transmission inconsciente d’une telle douleur, d’une génération à l’autre, ne peut cesser que si la parole parvient à faire son travail de réparation.


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