Dépression : de la solitude à la parole

La dépression ne doit pas être confondue avec un simple moment de déprime : il s’agit d’une maladie qui désempare celui qui la traverse et qui n’a rien à voir avec un manque de volonté. Crise majeure de l’existence et du désir, elle peut être déclenchée par un événement extérieur bien identifié (une rupture amoureuse, un deuil, une maladie, la perte d’un emploi…) ou advenir sans que l’on ne sache précisément ce qui l’a provoquée. Ses causes sont complexes et méritent que l’on s’y intéresse, notamment lorsque le temps ne suffit pas à apporter un apaisement.

Quels sont les symptômes de la dépression ?

La dépression est un ralentissement général du fonctionnement psychique et moteur qui se manifeste par différents symptômes :
  • Un sentiment de tristesse et une souffrance morale persistante dont on peut avoir l’impression que personne ne parviendra à les comprendre ;
  • Une forte anxiété et des idées suicidaires (envie de mourir) qui vont progressivement éloigner la personne déprimée du monde qui l’entoure. Cela accroît son isolement, son sentiment de solitude, et sa difficulté à faire part à son entourage de son malaise ;
  • Des troubles alimentaires (souvent une perte d’appétit mais parfois l’inverse) qui vont entraîner un changement de poids ;
  • Des troubles du sommeil qui vont de la difficulté à s’endormir et à dormir suffisamment (insomnie) jusqu’au refuge dans le sommeil ; dans tous les cas le sommeil est peu réparateur et la journée s’accompagne d’une grande fatigue ;
  • Des symptômes physiques tels que des maux de tête, des migraines, des douleurs inexpliquées, ou encore des troubles digestifs dont on ignore l’origine ;
  • Des perturbations de la vie affective et de la sexualité avec une baisse importante du désir et de la libido, ce qui peut entraîner des difficultés de couple.

Les différentes formes de dépression

La dépression réactionnelle fait suite à un événement inattendu qui bouleverse l’existence : la mort d’un proche, une maladie ou un changement soudain dans la vie professionnelle (il peut aussi s’agir d’un évènement heureux qui vient perturber l’organisation psychique). Cet état peut être passager, mais s’il perdure et que la souffrance persiste, il devient nécessaire de consulter afin de tenter de comprendre ce qui a pu être, plus profondément, fragilisé en soi.

La dépression masquée est une dépression dont on n’a pas conscience (la personne ne s’en plaint pas et peut parfois même être joyeuse), mais qui va se signifier à travers divers symptômes corporels dont les examens médicaux ne permettent pas de déterminer la cause.

La dépression après l’accouchement, aussi appelée post-partum, survient généralement quelques mois après la naissance de l’enfant. Contrairement au « baby blues » qui concerne un grand nombre de femmes et qui est essentiellement lié aux transformations hormonales, cette forme de dépression grave a des conséquences importantes pour la femme et l’enfant et nécessite une consultation rapide. Au cours d’une grossesse, il arrive aussi qu’un épisode dépressif s’installe et produise une grande tristesse chez la femme enceinte : la psychothérapie, lorsqu’elle est engagée avant l’arrivée de l’enfant, permet d’améliorer les conditions qui vont entourer la naissance et de favoriser la relation mère-bébé.

La dépression au travail, que nous connaissons sous l’expression « burn out », se caractérise par un épuisement professionnel lié aux conditions de travail (stress, tâches répétitives, sentiment d’échec, placardisation, harcèlement...). La psychothérapie doit permettre de prévenir les effets de ces difficultés et d’en limiter l’incidence sur la vie familiale.

Le trouble bipolaire relève d’une pathologie complexe aux tableaux cliniques variés. A côté des phases dépressives, on repère des phases dites maniaques au cours desquelles la personne se sent « pousser des ailes » et peut faire preuve d’une agitation importante. Parallèlement au traitement médicamenteux qu’un psychiatre peut proposer, la psychothérapie permet d’anticiper l’alternance des phases et ses conséquences sur la vie quotidienne.

La dépression chez l’enfant ou le nourrisson, plutôt rare, signe toujours un malaise important dont les causes peuvent être diverses mais sont souvent liées à la qualité des relations établies avec l’entourage. Lorsque l’enfance n’est plus la période d’insouciance qu’elle devrait être, il est important de pouvoir proposer rapidement de l’aide à l’enfant.

Enfin, la dépression de l’adolescent est à considérer avec une attention particulière au regard du risque accru de suicide durant cette période de transformation ; il s’agit parfois d’une crise identitaire et subjective qui nécessite une prise en charge spécifique.

Que peut-on espérer de la psychothérapie et de la psychanalyse ?

Lorsque la dépression plonge le sujet dans la solitude, la rencontre avec le psychothérapeute est la première étape d’un parcours de soins qui peut avoir plusieurs objectifs. Le premier d’entre eux est souvent de faire retrouver un minimum d’élan vital afin d’éloigner les idées noires et pouvoir entamer un travail sur soi, ce qui demande toujours une certaine énergie.

A partir des symptômes repérés, les premières consultations permettent en général d’affiner le diagnostic. Ensuite adviennent les questions qui concernent l’origine de la dépression et les manières d’en sortir. Il n’est pas simple d’en déterminer les causes : sont-elles liées
  • au contexte familial et professionnel ?
  • à l’histoire personnelle ?
  • ou est-ce une affaire de biologie ?
Le psychothérapeute propose son soutien tout au long de ce questionnement qui, au regard de la particularité de l’histoire de chacun et des enjeux inconscients manifestés par la dépression, conduit à des chemins divers.


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