L’anxiété liée à l’écologie et aux épidémies

« Il est presque impossible d’accepter toute la vérité sur ce que nous avons fait subir à la terre » Clive Hamilton (Le Monde, nov. 2018).

La santé de la planète

Nul ne peut plus ignorer la dégradation rapide, et parfois exponentielle, de l’état de notre planète. L’effondrement de la biodiversité se mesure quotidiennement avec la disparition de nombreuses espèces animales et la fragilisation des écosystèmes. Le réchauffement climatique augmente d’ailleurs plus rapidement que ce que les scientifiques avaient pu le prévoir (voir notamment les travaux de Clive Hamilton) : en 2019, il a fait 45,9° aux abords de Montpellier.

La Terre est en crise et l’humain a commencé à en mesurer l’étendue. La conscience d’un possible effondrement à venir, mise en lumière par la collapsologie (voir notamment les travaux de Pablo Servigne), fait naitre une souffrance psychique particulière.

L’éco-anxiété : la conscience de chacun

Les images de la fonte des glaces, de la détresse des animaux ou encore celles de la pollution due au plastique produisent de fortes émotions. La conscience de la situation et de la responsabilité individuelle peut naturellement générer de la culpabilité : chacun est aujourd’hui invité à mesurer son implication dans le phénomène, comme en témoigne par exemple l’empreinte carbone attribuée aux activités humaines.

Ce sentiment de culpabilité s’accompagne souvent d’une certaine colère et d’une peur particulière : il s’agit de la solastalgie. Plus couramment nommée éco-anxiété, elle concerne tous les âges et envahit parfois l’existence : elle peut aller jusqu’à produire une dépression caractérisée. La vie devient alors source de questions et d’angoisses nouvelles : puis-je encore prendre l’avion ? Est-ce bien raisonnable d’avoir des enfants dans ce monde ? Est-il possible de prévoir l’effondrement ?

L’épidémie de COVID-19 et la conscience collective

La crise mondiale que nous connaissons avec l’épidémie de COVID-19 ravive l’éco-anxiété et semble la faire naitre chez ceux qui en étaient épargnés. Le rôle de la déforestation dans la survenue puis dans la propagation des épidémies est maintenant démontré. Aussi, il devient indéniable que la santé de l’être humain et celle de la planète sont extrêmement corrélées : lorsque la Terre est fragilisée, l’humain souffre dans sa chair et dans sa conscience.

En propageant l’éco-anxiété, les contextes pandémiques accélèrent aussi la conscientisation des problèmes environnementaux : il devient de plus en plus difficile d’éviter les angles morts de la mondialisation de l’économie et de ses effets sur l’écologie.

Comment réagir ? Que peut apporter la psychothérapie ?

Pour soigner l’éco-anxiété, deux voies peuvent être empruntées. D’une part, il y a celle de l’action, en faisant par exemple évoluer son rapport à la consommation ou encore sa manière de penser le travail. D’autre part, il s’agit ne pas rester isolé avec ses questions et ses angoisses. Le militantisme écologique, la désobéissance civile ou simplement le partage des idées au sujet de la transition écologique sont des manières de faire face collectivement à l’angoisse et à la sidération du début.

La psychothérapie est un espace où la complexité de ces enjeux peut être parlée et pensée : la crise environnementale est un facteur commun d’anxiété qui fait toutefois écho chez chacun à des expériences singulières. La vulnérabilité du vivant, la finitude de l’humain et celle du monde mobilisent chacun différemment.



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