Des problèmes de couple à la violence conjugale, diverses possibilités d’aide

Les disputes font partie de la vie de couple et peuvent même la consolider lorsqu’à travers l’écoute de l’autre elles aboutissent à un compromis. Toutefois, lorsque l’un des deux n’accepte pas la discussion et souhaite imposer sa vision des choses, il arrive que la tension monte et puisse entraîner une perte de contrôle. Il est donc essentiel de distinguer la dispute ordinaire de la violence conjugale : dans un cas, le dialogue permet la résolution du conflit alors que dans l’autre l’agressivité produit de la souffrance et fragilise grandement le couple.

Différentes formes de violences conjugales

Certains facteurs, tels que le fait d’avoir eu soi-même un parent violent, de même que la consommation d’alcool et/ou de drogue, peuvent favoriser le recours à la violence. Toutefois, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels, jeunes ou vieux, en situation de précarité ou socialement aisés, tous les couples peuvent un jour être concernés par l’une de ces formes de violence :
  • La violence verbale regroupe les cris, les insultes et les menaces ;
  • La violence physique désigne les coups et blessures, les atteintes à l’intégrité corporelle, la contention et le bris d’objets ;
  • La violence psychologique se caractérise par la mise en place d’un climat de contrainte, de contrôle (jalousie excessive), menant à l’isolement. Elle induit une insécurité permanente ainsi que des sentiments de doute, d’infériorité et parfois d’humiliation ;
  • La violence sexuelle désigne le fait d’imposer au partenaire des pratiques qu’il ne désire pas, notamment par le biais de l’agressivité, de la menace ou du harcèlement.

Pourquoi est-il si difficile de s’en sortir ?

La plupart des couples n’ont pas pour projet d’en venir à la violence : elle s’installe généralement de façon progressive puis se banalise sous l’effet de plusieurs mécanismes. La particularité des violences conjugales réside précisément dans le fait qu’elles s’exercent entre des personnes qui ont tissé des liens affectifs : il est plus difficile de s’éloigner de l’auteur lorsque l’on est attaché à lui (lien conjugal, parentalité…).

Les psychothérapeutes parlent de « cycle de la violence » pour désigner cet engrenage dans lequel sont pris les partenaires. Lorsqu’une scène inhabituelle de violence éclate (insulte, gifle…), l’effet de surprise chez la victime laisse souvent place à la culpabilité, à la honte et à l’incompréhension. Si l’auteur minimise la portée de son acte et en rend l’autre responsable, il y a fort à craindre que le recours à la violence se reproduise car un seuil a été franchi. Les retrouvailles au cours desquelles l’un promet à l’autre de ne plus recommencer n’empêcheront certainement pas la récidive : la nouvelle « lune de miel » entretient l’illusion d’un changement de comportement à venir.

Et les pervers narcissiques ?

Le terme « pervers narcissique », issu des travaux du psychanalyste Paul-Claude Racamier, a été rendu populaire par les médias qui en déforment souvent le sens. Il en résulte que de nombreuses personnes pensent pouvoir y reconnaître leur (ex) conjoint. Le désir de comprendre l’autre et de donner du sens à son comportement est souvent une étape importante du cheminement, mais cet a priori peut parfois l’entraver : il est important de prendre le temps de faire la part des choses pour pouvoir en saisir la complexité.

Des psychothérapies pour auteurs, victimes et enfants

Plus la violence aura eu le temps de s’exercer, plus les conséquences seront importantes. Au-delà des éventuelles séquelles physiques, les victimes sont atteintes dans leur intégrité psychique : la confiance et l’estime de soi sont à restaurer, le rapport au corps est souvent à réapprendre.

La psychothérapie permet à la fois de soutenir la démarche de séparation d’avec le conjoint lorsqu’il n’y a pas d’alternative, elle est aussi un moyen de soigner les traumatismes par la parole. Lorsqu’ils veulent sauver leur couple ou qu’ils se rendent compte de la nocivité de leur comportement, les auteurs de violence peuvent être en demande d’aide. Certains constatent qu’ils reproduisent malgré eux le comportement d’un père ou d’une mère, d’autres repèrent qu’ils ne tolèrent pas la frustration, qu’ils ont du mal à partager leurs émotions ou qu’ils font preuve d’une jalousie maladive.

La psychothérapie soutient la prise de conscience et le changement de comportement et doit conduire à une réflexion personnelle sur l’origine de la violence. Enfin, nous savons aujourd’hui que les enfants qui grandissent dans un climat de tension et de violence, même s’ils ne subissent pas de maltraitance, sont impactés par ce qu’ils voient, entendent ou comprennent. Lorsque le foyer, qui doit être un lieu sécurisant, devient un champ de bataille, ils adoptent diverses stratégies pour faire face : souvent ils ne sont plus à leur place d’enfant et ressentent des sentiments contradictoires, même lorsqu’ils ne semblent pas concernés. L’aide et l’écoute du psychothérapeute vont permettre à l’enfant de se libérer d’une responsabilité qui n’est pas la sienne et de restaurer des relations satisfaisantes avec chacun de ses parents.


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